Clichy-Batignolles : On ne le souhaite à personne !

Même dans les pires cauchemars, on n’aurait jamais souhaité au personnel de justice exerçant à Paris l’exil professionnel dans l’éco-quartier CLICHY-BATIGNOLLES », abomination imposée à la plus belle ville du monde par Anne Hidalgo et Jean-Louis Missika.

L’art du contrepet, qui fait la fierté du parisien, a immédiatement permis à ce dernier d’infliger le sobriquet « Qui chie ta Bagnole » à cette ZAC no man’s land, dont le caractère totalement « piétonnier » était affiché comme une qualité lors de la présentation du projet aux riverains.

Seuls les transports en commun déficients charrient donc vers le nouveau Tribunal de Grande Instance des flots de magistrats, greffiers, personnels de justice, plaideurs, témoins, experts, avocats et autres auxiliaires de justice, créant aux heures de pointe ou en période de grève (les deux réunies très fréquemment) promiscuité et moiteur caribéenne, propices aux échanges muy caliente.

Cependant le monde de la justice se consolera en songeant à la situation, bien pire, qui attend les prévenus…

En effet, dans cet univers déprimant de béton, on imagine les sentences vengeresses que ne manqueront pas d’infliger aux condamnés des magistrats sous psychotropes, prétextant qu’il faut désengorger les maisons d’arrêt.

. « Citoyen DURAND, le Comité de Salut Public vous a reconnu coupable et vous condamne à l’assignation à résidence et à trois promenades quotidiennes au sein de l’éco-quartier Clichy-Batignolles délimité par le cauchemardesque boulevard périphérique (toujours plus laid), les voies ferrées (soulignées désormais par des immeubles abominables), l’avenue de Clichy (mal entretenue) et la rue Cardinet (dont le petit square romantique des Batignolles est désormais écrasé par la lourdeur du béton omniprésent) ».

. « Citoyen POTIER, le Comité de Salut Public vous a reconnu coupable et vous condamne à six cents génuflexions et repentances au pied de la statue de l’Être Suprême, Missika, réalisée en carton bouilli par l’agence Renzo Piano au milieu du lac lilliputien du nouveau jardin Martin Luther King ».

. « Citoyenne DUPONT, le Comité de Salut Public vous a reconnue coupable et vous condamne à l’exposition en place publique, suspendue par les pieds sur le parvis du Palais à l’un des lampadaires formant potences, gigantesques, coûteux, à l’éclairage vif et inutile. Vous y subsisterez de nuit et vous y morfondrez, aucun passant nocturne ne fréquentant ce lieu de désolation battu par un vent glacial ».

. « Citoyenne JALABERT, le Comité de Salut Public vous a reconnue coupable et vous condamne à la contemplation à vie du boulevard périphérique et de la banlieue défigurée du haut des fenêtres du trente-deuxième étage du TGI (étage qui n’a pas, par miracle, succombé aux flammes) ».

. « Citoyen MARTIN, le Comité de Salut Public vous a reconnu coupable, mais, faisant preuve de mansuétude, vous condamne, dans le cadre de travaux d’intérêt général, à l’entretien de la terrasse végétalisée de trois mètres carrés de la Maison des Avocats et à la mise en bouteille des eaux pluviales récupérées dudit bâtiment. Et croyez bien qu’on y a mis du nôtre! »

Les réponses du box ne se feront pas attendre :

. « Madame la Juge, je vous en supplie, not’ mait’, ne me condamnez pas à pareil supplice. Pas l’éco-quartier Clichy-Batignolles! Pas la Maison des Avocats! Pas ces horreurs carcérales ! Je préfère en finir à Montfaucon. Au moins, il y a un point de vue sur la campagne ».