Et Mélenchon dans tout ça ?

Jean-Luc Mélenchon défraya la chronique à la suite du film documentaire autobiographique, qu’il réalisa et diffusa sur les réseaux sociaux, de la perquisition à son domicile.

Le député La France Insoumise de Marseille nous fit profiter, au sein d’images très télé-réalité, dignes de vidéos d’agence immobilière, d’une visite privilégiée de son bel appartement de 100 m2 du boulevard Magenta dans le très bobo Xe arrondissement de Paris.

On découvre que ce personnage « sacré » de la République (comme il se définit lui-même, en se déformant la bouche), trotskiste, échevelé et tonitruant, admirateur du très gauchiste Nicolas Maduro, dont la gestion calamiteuse du Venezuela laisse pantois, se love dans un logement au parquet en point de Hongrie, aux plafonds dotés de moulures, d’œuvres d’Art contemporain fixées aux murs blancs immaculés, d’une grande pièce de bibliothèque emplie de livres exposés sur des étagères de bois blond, d’un ample et confortable canapé d’angle, d’un lampadaire à tige arquée, jouxtant une cheminée en marbre de style LOUIS XV, d’un téléviseur grand écran, etc… En somme, un ameublement de bon bourgeois académique à la mode de ce début de siècle.

On croyait pénétrer chez un sans-culotte (normal, au petit matin), coiffé d’un bonnet phrygien, recueillant des sans-abri, et l’on se retrouve chez le disciple du chantre du raffinement à la française, Maximilien Isidore de Robespierre, l’autre héros de Mélenchon, ce révolutionnaire poudré, haussé du col, cravaté, qui se damnait pour des dentelles, étoffes et meubles rares, tout en trainant à l’échafaud, un mouchoir parfumé sur la narine, des cohortes de suppliciés.

Jean-Luc Mélenchon vociféra les jours suivants que l’on avait « fouillé dans sa lingerie ». Braies de velours? Chausses brodées?

Le même jour, une autre perquisition, mise en scène par Jean-Luc Mélenchon et filmée par des chaînes de télévision, se déroula dans l’élégant immeuble des années trente qui abrite le siège du parti La France Insoumise au 43 rue de Dunkerque, toujours dans le très bobo Xe arrondissement de Paris. On y voit l’homme politique gravissant les marches de l’escalier à la rampe de fer au dessin élégant, pour atteindre, en hurlant, la porte à double battant des locaux qui occupent un étage entier (« mon local! », éructe alors l’ancien apparatchik du P.S, qui semble considérer les murs du parti comme sa chose), qu’il secoue violemment en vue de la faire céder, devant des policiers impassibles.

Quelle autre déception nous attend alors! Nous qui pensions découvrir un décor du même tonneau que celui du logement personnel du leader de La France Insoumise. Hélas non! Au milieu du tumulte qui commence entre camarades du parti et policiers, seules ne sont visibles que de banales tables de salle de classe et vagues affiches de propagande, placardées de travers, truffées de slogans racoleurs autour d’un logo cabalistique moche.

De là à penser que ce décor misérabiliste, souvent diffusé sur les antennes, est destiné à convaincre de la pureté de l’idéal des « Insoumis »…

Lors de la dernière campagne présidentielle, au cours d’interviews à quelques médias, Jean-Luc Mélenchon, prôna du bout des lèvres l’idée qu’il fallait s’éloigner de l’architecture et de l’urbanisme moches.

Le boulevard Magenta à Paris, où l’élu réside, est en effet une artère qui ne comporte aucune verrue architecturale… Une des seules de la capitale dont l’architecture haussmannienne n’a pas été modifiée. La rue de Dunkerque possède, elle, très peu de scories.

Le député s’est donc lui-même volontairement éloigné du moche. Grâce aux deniers que sa longue et pépère carrière politique lui a permis de récolter. N’oublions pas que sa déclaration de patrimoine faisait de lui, avec Nicolas Dupont-Aignan, le candidat au patrimoine le plus important de la dernière campagne présidentielle.

À l’évidence, la situation immobilière de Jean-Luc Mélenchon le sépare au quotidien de son électorat populaire, qu’il appelle « les gens » (Robespierre adorait s’entourer de petit personnel) et harangue dans des meetings très urbains, la plupart du temps étrangement organisés dans des endroits, eux aussi, traditionnels et bobos : places de la Bastille, de la Nation, de la République, Vieux Port de Marseille. Mélenchon n’organise jamais de manifestations dans les cités. En outre, force est de constater que la France Insoumise apporte son soutien à de multiples élus locaux qui défigurent à tour de bras, partout en France, les territoires qu’ils administrent, notamment, ô surprise, les endroits les plus déshérités….

Nous reviendrons longuement et souvent dans ces colonnes sur les rapports qu’entretiennent Jean-Luc Mélenchon et les autres leaders de la France Insoumise avec l’immobilier et notamment avec Paris, cette ville qu’ils adulent, pas seulement pour son âme révolutionnaire.

On apprendra très vite que nombre d’élus de la France Insoumise n’apprécient pas la banlieue dont ils sont pourtant supposés aduler les autochtones.

Nous nous pencherons évidemment sur leur rapport au logement social en général, ainsi qu’au logement social qu’ils peuvent eux-mêmes occuper.